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 Compte rendu de la réunion intersyndicale du 29 juin

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MessageSujet: Compte rendu de la réunion intersyndicale du 29 juin   Jeu 14 Sep - 11:49

Compte rendu de la table ronde intersyndicale
du 29 juin 2006

Présents :
- Aschieri Gerard FSU
- Aureil Philippe PARIS CGT
- Bellanger Jean Féd. AEFTI
- Berchoud Marie Dijon, Faculté / IUFM
- Borg Serge Besançon, ADCUEF
- Charton William Nancy, Représentant des précaires Fle
- Dautry Régine ASDIFLE/ spécialiste CASNAV
- Fasoli Solange FERC CGT
- Forestal Chantal Aix Marseille I SNES SUP/ Collectif du FLE/FLS
- Grossman Michel SNES SUP.
- Kaïteris Constantin SGEN CFDT de l’étranger
- Lauton Gérard SNES SUP (BN )
- Lefranc Yannick SNES SUP Strasbourg II
- Lézine Véronique Fle Attaque
- Marechal Isabelle Angers, CIDEF, Université Catholique de l’Ouest, Angers
- Perret Catherine FERC CGT
- Ribot Gérard Montpellier, Groupement des centres de Fle
- Severac Philippe SNUIPP FSU secteur HDF
- Jean Gisèle SNES

ASCHIERI G. (FSU qui reçoit le collectif FLE FLS) ouvre la séance en rappelant les objectifs de cette réunion :
la réflexion, l’élaboration de propositions et l’action en vue de faire pression sur le secteur institutionnel et les pouvoirs publics. Il faudrait impliquer l’IG et les Ministères après la formalisation de propositions concrètes.

FORESTAL Ch. prend la parole et présente le Collectif FLE-FLS ainsi que les points importants à aborder pour cette première rencontre.
Deux questions se posent :
· Le premier point concerne la mission FLE/FLS, la définition des contenus d’enseignement, les certifications, la reconnaissance de la formation, et les champs d’intervention dans le public et dans le privé ;
· Le seconde point concerne les personnels qui enseignent : la reconnaissance de leur formation et de leurs diplômes, leur statut, la précarité, la mise en place d’un référentiel professionnel qui devrait permettre la mise en place d’une branche professionnelle ( reprise de la proposition de Jean-Pierre Adami, représentant de la CGT lors des Etats Généraux du FLE-FLS).
Elle rappelle quelques statistiques : 8% des élèves sont issus de l’immigration, 40 000 primo-arrivants chaque année, 180 000 adultes ayant des besoins de formation en FLE. Il n’y a pas eu jusqu’ici de débat parlementaire ni syndical. Par conséquent cette réunion répond à la nécessité que tous s’expriment pour mettre en place une plate- forme commune générale et élaborer des propositions concrètes pour la rentrée de septembre. Une prise de position commune est urgente, notamment en ce qui concerne le personnel enseignant tant dans le public que dans le privé.
Elle fait un bref historique concernant quelques points forts:
- En 1979, il y a eu déclenchement d’un mouvement de protestation contre la situation des enseignants vacataires. Tous les centres universitaires de FLE se sont mobilisés. L’action a abouti à une intégration de ces vacataires, à la loi Anicet Lepors puis l’amendement du décret Santrot en 1982. Depuis il n’y a plus eu de plan d’intégration
- En 1981 la commission AUBA met en place les filières FLE. Paradoxalement la mise en place de cette filière n’a pas interrompu la vacatarisation des enseignants de Fle et n’a pas davantage favorisé la reconnaissance statutaire des enseignants ( ex : situation du CUEF de Perpignan).
On assiste dans tous les secteurs, dans le public mais aussi dans le privé, à une aggravation de la précarisation des personnels et cela à un moment où les besoins augmentent. C’est la raison pour laquelle le 26 janvier 2005 se sont tenues les Assises du FLE/FLS. Celles- ci ont permis la mise en place d’un collectif FLE/FLS qui a tenu ses Etats généraux les 16 et 17 janvier 2006 à la Mairie de Paris et au FIAP Jean Monnet. Le compte rendu de ces EG a été transmis aux syndicats de la FSU et reste disponible en ligne. Une décision importante a été prise après débat : renoncer à mettre en place une nouvelle association et s’appuyer sur les forces existantes notamment les associations et les syndicats.
Pour ce qui est des associations elles sont pour une bonne part représentées par certains membres du collectif FLE-FLS ici présent.
Chantal FORESTAL, se propose de présider la réunion et commence par faire un tour de table pour présenter les principales responsabilités et compétences des membres du collectif ici présents.

Gérard ASCHIERI G (FSU) souligne que c’est une réflexion à plusieurs variables et qu’il est besoin de confronter les différents points de vue (en vue du prochain congrès). Il donne son accord de principe sur la constitution d’un groupe de travail tout en faisant remarquer qu’un engagement plus approfondi dépend de sa hiérarchie et devra attendre le congrès. Les deux axes de la problématique devront être pris en compte. Et notamment les différentes missions FLE-FLS qui justifient cette activité en France mais aussi à l’étranger pour l’accueil aux migrants.
La parole est donnée à Jean BELLANGER, Président de l’ AEFTI (Association pour l’Enseignement et la Formation des Travailleurs Immigrés et de leurs Familles).
J. Bellanger tient à préciser qu’il est très intéressé par une collaboration de sa Fédédération avec l’ Université et le secteur éducatif. A l’origine le secteur migrant était un secteur qui relevait de la cause humanitaire, avec des bénévoles formés sur le tas. Par la suite, une phase de prise de conscience du « métier » a abouti à la création d’un comité permanent professionnel interne, ce qui a permis une confrontation importante et la reconnaissance du métier utile socialement. Donc l’AEFTI poursuit ces mêmes objectifs en étant présente dans le collectif FLE/FLS. Jean BELLANGER rappelle que l ‘AEFTI a déposé « Un projet de loi relatit au droit de la formation à la langue nationale de la société d’accueil ». Il souhaite à ce sujet être davantage soutenu par les délégations syndicales.

FORESTAL Ch. reprend la parole pour rappeler l’initiative entreprise en direction de la 7e section du CNU, Conseil national des universités («Sciences du langage »). Elle rappelle qu’un argumentaire a été proposé pour compléter l’intitulé de la 7e section qui devrait permettre de mieux prendre en compte une discipline d’intervention : « la didactique des langues-cultures » et plus particulièrement certains aspects négligés jusqu’ici par la formation universitaire : la formation de base, l’alphabétisation, la formation des migrants. Le CNU remet sa décision à la prochaine session en octobre et souhaite qu’entre temps l’ensemble des didacticiens se prononcent. Une première consultation a eu lieu à Saint - Etienne lors la réunion annuelle des responsables des filières FLE. Les 27 responsables présents se sont prononcés pour le changement d’intitulé « Sciences du langage et didactique des langues-cultures » (un contre et une abstention).

Serge BORG (CLA - Centre de Linguistique Appliquée de Besançon – Université de Franche - Comté), Président de l’ADCUEF (l’Assemblée des Directeurs des Centres Universitaires signale que lors de la réunion annuelle du 23 juin 2006 s’est prononcée à l’unanimité pour l’adoption du nouvel intitulé de la 7e section, à savoir : « Sciences du Langage et didactique des langues ».
Il tient à souligner que dans les centres universitaires, il ne devrait pas y avoir de précarité puisque suivant les dires de certains Présidents d’Université et selon les règles de la fonction publique, les postes devraient être occupés par des titulaires (concours : MCF, PRAG, PRCE) ou par des contrats d’établissement. Le FLE n’ayant pas, à ce jour, de reconnaissance statutaire (absence de concours dans cette discipline), il ne peut donc y avoir de titulaires qu’ils soient MCF, PRAG, ou PRCE...Il faut donc passer le CAPES, l’Agrégation d’une autre discipline ou postuler en 7e section des Sciences du langage (profil linguistique) pour enseigner le FLE, ce qui est un paradoxe qui a trop duré et qui, devant les enjeux sociaux et internationaux que représente la discipline « didactique des langues », doit maintenant évoluer vers sa pleine reconnaissance.
Les centres universitaires, de leur côté, ont des obligations de rendement dans la mesure où des pans entiers de leurs fonctionnements sont sur fonds propres (secrétariats, équipements, etc.). Il y a par conséquent une très forte ambiguïté dans le secteur qui est un hybride de public et de privé et où se pose une réelle problématique identitaire au sein de l’université. Il faut donc impérativement redéfinir le champ, ce qui est de l’ordre du droit, du social et de la réalité à la fois scientifique et professionnelle.

Gérard RIBOT, Président du « Groupement des centres de Fle » ( Montpellier) commence par souligner que c’est la mission de formation qui unit les personnes ici présentes.
Le problème est complexe parce que les frontières entre les secteurs public/ privé / semi-public sont floues, et que l’intégration et les possibilités de formation professionnelle sont fort variables.
Il existe plus ou moins 120 centres en concurrence, aux statuts juridiques divers : universitaire/ associatif/ scolaire/ consulaire/ culturel… A cette diversité des établissements correspond une diversité des publics qu’ils accueillent, des conventions collectives qui régissent l’emploi de leurs salariés,

Si le FLE est un secteur où règne une vive concurrence entre les centres, publics et privés, il est aujourd’hui de l’intérêt de tous de se reconnaître une communauté d’intérêts afin de pouvoir réagir aux nouvelles orientations politiques gouvernementales qui suscitent interrogations et inquiétudes parmi les professionnels.
Le ministère des affaires étrangères a ainsi mis en place en 2005 des Centres pour les études en France (CEF) dans 6 pays : Chine, Algérie, Maroc, Tunisie, Sénégal et Vietnam ; 6 autres sont créés en 2006 : Mexique, Corée du Sud, Liban, Cameroun, Madagascar et Turquie.
L’objectif affiché des pouvoirs publics est de « renforcer la compétitivité de la France sur la scène internationale en matière d’enseignement supérieur en améliorant la qualité des services offerts aux étudiants étrangers désireux d’étudier en France, et en facilitant leurs démarches administratives et pédagogiques ».
A terme, c’est plus de 70 % des étudiants étrangers demandeurs de visas qui seront concernés, avant une éventuelle généralisation du dispositif.
Des mesures restrictives et dissuasives
Les conditions dans lesquelles est actuellement mis en place ce dispositif suscitent cependant les plus vives inquiétudes parmi les responsables de centres de FLE (Français Langue Etrangère) qui accueillent tout au long de l’année des étudiants de tous pays venus en France pour apprendre le français.
La mise en place des CEF s’accompagne en effet de mesures restrictives, voire dissuasives pour l’obtention d’un visa, l’étudiant qui en fait la demande ayant désormais à justifier d’un « projet d’études », soit une inscription dans un cursus d’études supérieures en France.
Aux termes de ces dispositions, un étudiant étranger désireux de venir en France apprendre le français pour une période supérieure à 3 mois, sans nécessairement justifier de ce « projet d’études » , se voit ainsi refuser son visa.
Ces nouvelles dispositions sont déjà appliquées par les services consulaires français à l’étranger et depuis plusieurs mois, les cas de refus de visa se multiplient à l’encontre d’étudiants à qui l’on conseille même de rester dans leur pays pour y apprendre le français.
Le 8 mars dernier, une délégation du Groupement des centres de FLE a été reçue en audience à la sous-direction de la coopération universitaire du ministère des Affaires étrangères.
Cet entretien a été l’occasion d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur les graves conséquences de ces nouvelles restrictions sur l’activité des centres de FLE en France, et de proposer que les formations dans ces centres soient intégrées aux critères d’obtention de visa pour les étudiants étrangers.
M. Antoine Grassin, directeur de la coopération universitaire et scientifique au ministère des Affaires étrangères, s’est engagé le 7 juin dernier à réunir dès que possible les interlocuteurs professionnels et ministériels concernés, après avoir convenu que toutes les incidences de ces nouvelles dispositions n’avaient sans doute pas été évaluées à leur juste mesure.
À ce jour, de plus en plus d’étudiants de tous pays, désireux de suivre une formation linguistique de plus de 3 mois en centres de FLE se voient refuser leur visa, et aucune réponse des pouvoirs publics n’a été apportée à l’inquiétude grandissante des professionnels.
Au-delà de l’activité des centres de FLE, et des milliers d’emplois qu’elle génère au prix d’une concurrence internationale acharnée, il en va de la place du français qui doit rester un facteur majeur d’attractivité de la France.

Par la nature de leur activité, les centres de FLE sont au premier rang de la promotion du français et de la France, dans le monde ; ils attendent légitimement des pouvoirs publics qu’ils leur permettent de remplir cette mission.

La CGT ( trois représentants) prend la parole et signale que l’appel d’organisation et d’appui a été entendu. Elle estime qu’il est important de se pencher sur cette question parce qu’elle correspond à la mission de service public.
Sur le comment travailler ensemble, elle pense que la mise en place d’un groupe est un bon moyen et que les revendications sont déjà bien avancées. Le travail à faire se déroule sur trois plans : public/ semi public et privé reste à s’organiser entre nous.


Dernière édition par le Jeu 14 Sep - 12:00, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Compte rendu de la réunion intersyndicale du 29 juin   Jeu 14 Sep - 11:50

FORESTAL Ch. confirme la diversité de la situation qui se lit très clairement dans les contrats proposés aux enseignants. Elle rappelle que dans les centres publics fonctionnent sur budget propre et qu’il n’y a pas de concours spécifique pour le recrutement. Dans ce même secteur la présence de la loi limite les contractuels (loi 84-16) mais autorise les vacataires avec ou sans emploi principal. Suivant les facultés ce peut être sans ou avec quota d’heures 120/300/ ou 1000h/an. Il est urgent de revoir un plan d’intégration de ce personnel qui travaille parfois depuis plusieurs décennies dans la fonction publique, territoriale ou assimilée.

Marie BERCHOUD précise que dans le cadre du collectif FLE-FLS elle se préoccupe plus précisément de la définition d’un référentiel de compétences pour les enseignants et formateurs en FLE/FLS. Il s’agit d’un travail de longue haleine qui demande un certain temps et exige le travail d’un collectif.Elle se dit prête à animer ce collectif.
Depuis la réforme du LMD, la formation initiale se dégrade. Avant 1997 la mention était lisible, maintenant il y a trop d’hétérogénéité, les universités sont en concurrence, il faudrait une uniformisation des cursus considérée comme le minimum requis pour la qualité de cette formation.
Il faudrait enfin que les certifications universitaires soient lisibles et identifiables (mention FLE/FLS) par l’employeur, que les emplois soient stables, par concours dont la dénomination et l’option reste à voir et négocier. Actuellement il faut dénoncer les certifications au rabais obtenues après deux jours de stage de formation, ce qui déprécie l’ensemble de la formation de la licence au master.

Régine DAUTRY. (CASNAV) :
- 1- les personnels qui enseignent dans les CLIN et les CLA, des certifications complémentaires sont délivrées de façon abusive par les académies. On certifie des enseignants après deux jours de stage. C’est une fois de plus la non reconnaissance de la formation.
- 2- Il y a aujourd’hui primauté excessive de l’évaluation. Or les diplômes délivrés aux migrants sont des sous-qualifications (Dilf, Delf scolaire) qui se réduisent à la communication orale. Il faudrait intégrer le Français sur Objectifs Spécifiques (le FOS) pour répondre au monde du travail. Sous-qualifier un diplôme est une façon de ranger les élèves dans les tiroirs du bas. Le DILF ne permet de prendre en compte qu’une situation de communication élémentaire à l’oral. Il faut tirer les apprenants vers le haut au lieu de vouloir à tout prix les certifier.


Yannick LEFRANC (SNES SUP Strasbourg II) déclare qu’avant d’aborder la question des personnels, il souhaite souligner la dimension civique, citoyenne de notre secteur. Notre discipline FLE/FLS n’est pas reconnue, c’est la première cause de tous les problèmes que nous soulevons. Nos interlocuteurs n’ont pas de vision claire des besoins sociaux et humains en FLE/FLS. Nous touchons au rapport à la langue française qui est un rapport d’étrangeté avec la langue française, différent du rapport à la langue maternelle. Il y a création d’une distance, un traitement différent de l’erreur qui font que le FLE/FLS est à l’avant-garde de la didactique des langues. Le FLE/FLS s’intéresse à l’ensemble des langues et développe une pluralité de compétences.
Les Ministères sont en situation de « Terminator ». Il s’agit de casser le Service public et de paupériser les masses populaires. Ce qui est en contradiction avec la mission des institutions de service public : mission psycho-socio-culturelle pour former des citoyens européens.
Malgré cette précarité, les étudiants des filières de FLE sont nombreux et s’accrochent. Il y a une « FLE attitude ».

La représentante de la CGT réagit aux propos précédents et tient à souligner qu’elle ne partage qu’une partie de l’analyse qui vient d’être faite. Elle rappelle que la priorité de son syndicat est la défense professionnelle des personnels et fait ses propositions :
- A long terme : L’E.N. doit proposer un statut fonction publique et ouvrir les concours Elle rappelle la nécessité d’une réflexion sur la validation des acquis pour proposer des contrats stabilisés. Elle pose la problématique de la gestion des VAE.
- Elle souhaite la mise en place d’un travail de fond sur le référentiel de la profession dans le cadre des C.P.C. (Commissions Paritaires de Certification). Elle se dit donc prête à envisager une plate- forme commune et à participer à la constitution d’un état des lieux : un livre noir du FLE.
- Elle souhaite engager un travail aux niveaux des régions et des ministères sur la base des informations des EG du FLE.

FORESTAL Ch. reprend la parole et se félicite de cette convergence de points de vue qui reprend les conclusions des EG du FLE.Pour ce qui est de la constitution d’un livre noir du FLE-FLS, il existe « le livre blanc du FLE », du mois d’avril 2002 de l’ ADCUEF. Il est régulièrement mis à jour par l’ADCUEF
Serge BORG, au nom de l’ADCUEF, se félicite à son tour de cette convergence.
ASCHIERI G. se dit dans un état d’esprit plus prudent et plus traditionnel car il doit être mandaté par sa hiérarchie. Il est d’accord pour l’état des lieux et s’il doit y avoir bataille, il faut pouvoir justifier. Il reprend quelques points importants en forme de questions car il existe des urgences :
Les CDD répétés peuvent-ils être transformés en CDI ?
La loi peut-elle ou doit-elle s’appliquer ?
Quels sont les recours ?
Les personnels historiques vacatarisés ?
Peut-on obtenir des contrats stabilisés dans le parapublic ?
En ce qui concerne le statut des personnels dans l’EN, des réponses statutaires sont-elles possibles ?

CHARTON W. témoigne de la situation dans les centres de formation universitaire, et donne l’exemple de ce qui s’est fait à Nancy. Il est possible d’obtenir des statuts d’enseignants contractuels 12 mois renouvelables. Ce n’est pas la solution idéale mais cela permet d’éviter le pire des cas : la vacation, son salaire horaire et son énorme insécurité. Aujourd’hui les enseignants ont soit une semaine soit un an de sécurité. En dehors de la titularisation, comment faire ? La loi sur les CDI peut-elle s’appliquer à cette situation ? Cette loi exclut normalement les personnels de la Formation Continue… A Strasbourg toutefois ces contrats ont été mis en place. C’est une question qu’il faut approfondir avec des juristes. Le souhait des personnels précaires est de voir leur spécificité reconnue et d’être pérennisés dans leur fonction (titularisation par voie de concours réservé par exemple ou CDIsation). Ce dernier point nécessite d’être vigilant car plusieurs centres sont en train de remplacer les enseignants précaires qui y travaillent depuis plusieurs années par des enseignants titulaires accomplissant des heures complémentaires ou détachés de l’enseignement secondaire. Ceci s’opère sans qu’aucune solution ne soit proposée aux précaires qui se retrouvent donc sans emploi et sans que leur expérience professionnelle ne soit reconnue. Les précaires Fle souhaitent voir le Fle enfin reconnu institutionnellement au sein de l’Education Nationale mais espère que cela ne se fera pas à leur détriment.

FORESTAL Ch. reprend la parole pour rappeler le problème de la formation des maîtres en liaison avec la réforme des IUFM qui a des difficultés à se mettre en place et donne la parole pour un autre secteur important du FLE/FLS, l’étranger, à Constantin Kaïteris.

Constantin KAITERIS au nom du SGEN –CFDT de l’étranger et de France :
Il rappelle que le FLE/ FLS concerne la diffusion du français dans les lycées mais aussi le réseau des Alliances et des Instituts dépendant du MAE. Le MAE recrute (de moins en moins) des personnels titulaires détachés et des contractuels. Dans les instituts français règne une grande précarité. La politique d’employeur de l’Etat français à l’étranger est une politique de patron voyou. A Vienne, les enseignants ont gagné leur procès pour licenciement abusif. Au Vietnam, sous prétexte de vietnamiser l’enseignement on a mis à la porte les enseignants français. Il y a d’un côté volonté affirmée de maintenir le français et de développer la francophonie mais de l’autre désengagement de l’Etat en termes de financement. Il y a donc une contradiction entre les discours tenu par les autorités et la réalité Il y a paradoxalement un désengagement financier de l’Etat même si il veut garder la main mise sur l’organisation et la légitimation des titres.
Il souligne également le rôle de Campus France dans le dispositif CEF. Ceux-ci sont conçus au départ pour pays à risques et se développent partout afin de se substituer aux universités et aux centres privés qui sont ainsi destitués de leur pourvoir de sélectionner les étudiants qu’elle reçoivent.

Véronique LEZINE intervient pour préciser qu’il ne faudrait pas oublier le personnel enseignant quand, après un long séjour à l’étranger, il rentre en France. Se pose la question de la reconnaissance des services accomplis et de l’intégration de ces personnes (examen professionnel non accessible à cause des décrets d’application très réducteurs).

le SNES en la personne Gisèle JEAN ( qui n’a pu être présente en début de réunion), tient de prime abord à reconnaître que son syndicat, jusqu’ici, n’avait pas mesuré l’importance de ce secteur et tient à s’en excuser. Elle se dit prête à engager le SNES dans une réflexion sur les options aux différents CAPES de Lettres, Langues vivantes mais se dit réticente d’engager son syndicat dans la constitution d’un CAPES FLE en raison notamment du problème de gestion du personnel. De nouveaux publics apparaissent en collège qui ne sont pas ceux de l’immigration des banlieues mais ceux des publics FLE. C’est le cas dans le Périgord où il y a une forte implantation de familles anglaises. Les zones de FLE sont diversifiées en fonction des départements. Certains enseignants ont une licence d’espagnol et une formation en FLE. En revanche d’autres zones plus anciennes plus anglophones n’ont pas de personnel qualifié. Peut- être s’agit-il d’un effet de génération. Ce phénomène dû pour une bonne part à l’Europe n’a pas été anticipé. En effet les élèves sont de plus en plus mobiles or il n’y a pas de réseau au niveau des collèges :


FORESTAL Ch. reprend la question des concours, un problème très complexe. On parle aujourd’hui d’options en termes de « majeure » et de « mineure ». Ne pourrait-il pas y avoir une réflexion parallèle à ce qui existe dans le secteur technique ?Un CAPES bi-langue (non pas bi-lingue) tel que le propose depuis des décennies Chr PUREN est une question importante qu’il serait temps d’approfondir et de faire aboutir. Le SNES SUP, lors de ses trois derniers congrès, a voté successivement et à l’unanimité les différentes motions pour l’adoption de la mise en place de concours, intégrant la mention FLE.

Gérard LAUTON, membre du BN du SNESUP, confirme la position du Bureau National du syndicat.
.
RIBOT G. La population des professionnels du FLE du privé est comparable aux intermittents, dans des structures assez semblables à celles du secteur du tourisme. Les questions sont catégorielles mais d’intérêt général et national. L’ensemble est en effet structuré avec des effets de chaîne. De nouveaux partenariats apparaissent liés à l’économie locale. Le référentiel de branche ne doit pas être opposé au référentiels des compétences des apprenants.

ASCHIERI G.
: le temps imparti ne permet pas de s’étendre ici sur tous ces sujets.

FORESTAL : au niveau académique les responsables de mission ne sont pas toujours compétents notamment les chargés de mission chargés de recrutement en FLE/FLS.

JEAN G. évoque à nouveau la nécessité de la rédaction d’un projet de plate- forme commune.

Les participants s’interrogent sur l’extension à donner à la suite de cette réunion. Quelques points sont repris notamment en ce qui concerne les entrées à privilégier : la labellisation des centres, le référentiel de branche professionnel proposé par la CGT lors des EG ; revoir la convention collective 32-49 (la convention collective n°3249 est la convention majoritaire du secteur privé, elle doit être renégociée afin de prendre en compte la spécificité du FLE, une activité fluctuante, intermittente qui relève de différents secteurs : formation, animation, du tourisme…Enfin résoudre la question des concours et mettre en place un plan d’intégration pour les historiques

Gérard Aschiéri clot la séance en rappelant qu’il faut apprendre à travailler avec tout le monde, donc intégrer l’UNSA au projet de plate forme. Accord unanime des participants sur ce dernier point.

Rendez-vous est pris pour septembre afin de faire des propositions à soumettre aux autorités de tutelle ( MEN, DGLF, MAE, la CPU..).Les prochaines rencontres se feront au siège du SNESUP. Chacun se dit prêt à réfléchir sur les questions soulevées lors des EG du FLE et Forum et au cours de cette réunion.
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