Le droit à l’apprentissage de la langue française pour tous les migrants et à la reconnaissance professionnelle
(statutaire et institutionnelle)
des enseignants-formateurs en FLE-FLS
La maîtrise de la langue nationale de la société d’accueil, en l’occurrence le français, est une nécessité fondamentale pour prendre sa place dans la vie professionnelle sociale et culturelle de notre société.
Sous couvert de créer un droit, la loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale impose une obligation en prévoyant dans un de ses articles sur le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile que
« la délivrance d’une première carte de résident est subordonnée à l’intégration républicaine de l’étranger dans la société française, appréciée en particulier au regard de sa connaissance suffisante de la langue française et des principes qui régissent la République française », et théoriquement, les besoins en formation linguistique des primo-arrivants et de leurs familles sont satisfaits par l’article 146 de ladite loi relative au contrat d’accueil et d’intégration.
Constats et propositionsLes publics du Contrat d’Accueil et d’Intégration (CAI) sont définis de façon trop limitative (les primo-arrivants). Or, nombre d’étrangers présents sur le territoire et les nationaux issus de l’immigration ne sont pas visés par le contrat. Il faut instaurer un droit à la formation linguistique, non seulement pour les primo-arrivants mais aussi pour les étrangers résidant en France, notamment pour les femmes qui ont des besoins en alphabétisation et qui de fait sont souvent en charge de la cohésion familiale et sociale.
Le contenu du CAI ne couvre que partiellement les besoins en formation linguistique (niveau de survie au mieux). La maîtrise de la langue consiste à maîtriser l’écrit autant que l’oral, à acquérir une compétence culturelle, interculturelle, c’est-à-dire à accéder entre autres à la citoyenneté sans renoncer à sa propre culture et à sa propre langue.
La question des modules de formation, de leur contenu, de l’organisation de ces contenus dans le temps doit être définie par un arrêté. Il faut intégrer entre autres les actions de formation dans le dispositif de la formation professionnelle continue, prévoir une rémunération pour les stages linguistiques longs afin de compenser les pertes de salaires ou les frais engendrés par la garde d’enfants.
Un décret en Conseil d’Etat serait souhaitable afin de préciser les niveaux de compétence linguistique poursuivie ainsi que les compétences nécessaires des formateurs en FLE-FLS et de prendre en compte les points suivants :
- Mise en place d’un référentiel professionnel
- Définition des exigences minimales pour les maquettes de formation FLE-FLS
- Construction de la formation continue des enseignants chargés de la scolarisation des enfants de migrants
- Mise en place de référents académiques compétents dans les rectorats pour attribuer les responsabilités des classes à des enseignants informés, formés et motivés
- Validation des acquis professionnels des formateurs pour assurer une garantie d’emploi et l’intégration des personnels sur le terrain
- Prise en compte majoré dans les concours de recrutement du second degré des compétences en formation en FLE-FLS ( extension au CAPES de Lettres modernes ou aux CAPES de Lettres vivantes étrangère, anglais , arabe..).
Chantal Forestal,
Présidente du collectif FLE-FLS,
Kamel Jendoubi,
Association pour l’Enseignement et la Formation des Travailleurs Immigrés et de leurs familles ( AEFTI) .